Famille Adeline

(Henri Adeline, mémoires 1970)

J'ai pu remonter avec une certaine précision l'arbre généalogique en ligne directe de la famille ADELINE jusqu'à 1767, et même sans précision, jusque en 1640.

Il semble que les ADELINE habitaient SIVRY depuis longtemps. C'est là que se trouvent les tombes de mon père, de ma mère, d'un petit frère, de mes grands-parents, de mon arrière-grand-père et hélas aussi celle de notre fils Jean. sCeux qui les ont précédés ont du être enterrés dans l'ancien cimetière qui, comme c'était autrefois l'habitude, se trouvait autour de l'église. D'après mes grands-parents, l'ancienne tombe ADELINE se trouvait devant le mur de l'église en face du presbytère. Avant la guerre de 1914-1918, je me rappelle avoir vu des noms gravés sur les pierres servant de soubassement, mais celles- ci ont disparu quand on a reconstruit l'église bien qu'on ait alors réutilisé une partie des soubassements.

L'arrière-grand-père de mon grand-père paternel s'appelait Jean-Baptiste ADELINE (ce prénom de Jean-Baptiste se retrouve d'ailleurs souvent dans la famille). Il était né en 1737 et exerçait le métier de "tailleur d'habits". Il avait trois frères dont descendent vraisemblablement les ADELINE existant encore dans la région. Il épousa en 1757 Anne RICHARD-PIERRE et eut douze enfants dont huit moururent en bas âge.

Le huitième, Nicolas ADELINE, né en 1771 (mort en 1806), épousa Marguerite PUTTOT de BREHEVILLE (décédée en 1826). Ils vécurent donc sous la Révolution et le Premier Empire. On ne leur connaît qu'un fils, Hubert ADELINE (1804-1899), mon arrière- grand-père (enterré à SIVRY dans la tombe de famille) qui épousa en 1827 Marie TETARD de CUISY (1807-1869).

Ils eurent six enfants dont deux décédèrent en bas âge et une fille Marguerite qui mourut du choléra en 1849 à l'âge de 16 ans. Après la mort de sa femme, mon arrière-grand-père se remaria avec la veuve DIDIERE qui avait un fils de son premier mariage mais n'en eut pas du second.

Un seul des enfants d'Hubert ADELINE se maria, mon grand-père Charles ADELINE (183O-19O5) qui était à la fois menuisier et peintre. Il épousa en 1858 Celinie MARJOLET de MOUZAY (1836-1904). Ils habitaient à SIVRY la maison d'angle en face de la poste. Cette maison, détruite pendant la guerre 1914- 1918, fut reconstruite en 1922 par son gendre Constant SAINTIN et sa fille Mathilde ADELINE telle qu'elle était auparavant. Elle fut encore écornée par une bombe d'avion en 1940.

Je me souviens vaguement de ces grands-parents qui nous recevaient dans leur cuisine devant la grande cheminée lorraine. Quand nous allions les voir, nous couchions au premier étage dans une chambre où il faisait bien froid en hiver. Tout l'étage embaumait d'une bonne odeur de cire provenant des rayons des ruches vides que mon grand-père stockait dans une chambre. Je me rappelle également de l'atelier de menuiserie de mon grand-père avec son établi et des rabots de toutes sortes rangés sur des rayons. Mes grands-parents eurent deux enfants: un fils Paul ADELINE (1859-1904), mon père, et une fille Mathilde ADELINE.

Mon père fit ses études au collège de VERDUN, obtint en 1875 le "diplôme spécial d'études de l'enseignement secondaire" et entra aussitôt dans les Ponts et Chaussées comme "employé secondaire". En 1880, il partit faire son "volontariat", service militaire d'une année, obligatoire à cette époque pour les jeunes gens qui voulaient être admis dans une administration de l'Etat. C'est ainsi qu'' il servit au 45ème de ligne à LONGWY du 25 novembre 1880 au 4 octobre 1881. Après son volontariat, mon père fut admis comme conducteur des Ponts et Chaussées le 1er Novembre 1881. Il exerça successivement à DAMVILLERS jusqu'en 1889, puis à ETAIN jusqu'en 1891 et enfin à VERDUN. Il se maria le 1er Mai 1890 avec Céline SAINTIN, ma mère, dont le frère Constant SAINTIN (1857-1939) avait épousé sept ans plus tôt la soeur de mon père Mathilde ADELINE. Il en résulta que les enfants de ces deux familles ADELINE-SAINTIN et SAINTIN-ADELINE furent doublement cousins germains et que tous les parents des uns furent obligatoirement parents des autres.

Photos: Paul ADELINE 1881 et Henri ADELINE 1916